#17

26/10/2012 § Poster un commentaire

En 1955, Gerhard Richter réalise pour son travail de pré-diplôme une peinture murale destinée à la caféteria de l’école des Beaux-art de Dresde où il étudie. Son titre: Abendmal mit Picasso. Cette peinture, comme toutes celles qui précèdent son passage à l’ouest en 1961, a été soit abandonnée sur place, ou perdue, éventuellement brûlée ou en tout les cas reniée puisqu’aucune d’entre elles ne figure dans son catalogue raisonné.

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#16

22/10/2012 § Poster un commentaire

18 juin1901.  Rapport du commissaire de police chef de la 3e brigade, adressé au directeur général des Recherches. Objet: au sujet du nommé Picasso Ruiz Pablo, à qui l’anarchiste surveillé Manach Pierre donne asile  / Taille 1,68 mètre (sic) / Cheveux noirs et longs / Moustache naissante châtain clair  / Vêtu d’un complet veston noir  / Coiffé d’un chapeau mou de même nuance / Reçoit la visite d’individus inconnus / Reçoit  lettres venant d’Espagne, ainsi que 3 ou 4 journaux dont les titres sont inconnus / Heures de sorties et de rentrées  très irrégulières / Sort tous les soirs pour ne rentrer qu’à une heure avancée de la nuit / Il lui arrive de découcher.

#15

21/10/2012 § Poster un commentaire

Picasso partageait avec Dali l’amour des espadrilles.

#14

19/10/2012 § Poster un commentaire

1984. Prague. Le musée est sur la colline, près du Château. Les salles d’expositions ressemblent à des geôles, en particulier dans les étages inférieurs, je crois même qu’il y a des gros barreaux aux fenêtres. Les reliefs du crépis monopolisent la la lumière jaune orange qui peine à s’accrocher ailleurs. Tout baigne dans un pénible halo blafard. Il y a un fameux autoportrait de jeunesse pré-cubiste néo-roman, assez ocre, mais qui ici devient un camaïeu rouge orangé. J’achète la carte postale, que j’ai toujours et dont la tonalité ne correspond pas avec ce que j’ai vu — mais elle ne corrige pas mon souvenir; c’est une information supplémentaire qui s’ajoute à l’autre, mais il n’en résulte pas de sensation colorée synthétique: ça reste indécidable. Pour le format, par contre, le face à face fait foi, c’est frappant de constater que la coexistence physique avec une peinture pendant un temps finalement assez court vous laisse une sensation durable de son déploiement dans l’espace. Je me souviens donc assez précisément de l’organigramme des lignes principales du visage de Picasso se déployer devant moi, en particulier la découpe du scalp, les sourcils, les rides péribuccales et l’oreille. Mais ces lignes ne sont pas abstraites, elles sont agitées de vibrations, de cristaux de matière poudrée, de franges granuleuses, d’indications rythmiques (lignes lentes, insistantes, hésitantes, décidées). Ce sont pourtant pas des lignes de chair, la température en particulier est légèrement plus basse que celle d’un corps de chair et d’os et le volume occupe un espace différent que dans le cas d’un face à face réel. Il semble que c’est un volume qu’il n’est pas nécessaire de contourner, mais dans lequel il est possible de se mouler. Un volume en creux, un masque.

#13

16/10/2012 § Poster un commentaire

C’est au Portugal. En 1994 peut-être. Je me souviens des lacets dans les collines. Fabien conduit, sous le soleil et je m’accroche à la fenêtre pour ne pas trop voyager sur la banquette arrière. On est quatre ou cinq dans la voiture. Ça doit être près de Coimbra, dans l’arrière-pays. Aucun souvenir du nom du musée. Tout petit, il a évidemment l’air fermé quand nous arrivons, mais non, il y a bien quelqu’un dans la petite vitrine de l’accueil, qui nous vend des billets d’entrée étonnament luxueux. Il y a un ou deux Picassos, petits eux-aussi, des natures mortes dont une avec châtaignes.

#12

17/04/2011 § Poster un commentaire

«Qu’est-ce qu’au fond un peintre? C’est un collectionneur qui veut se constituer une collection en faisant lui-même les tableaux qu’il aime chez les autres.»

Ici: Rodney Graham

#11

17/04/2011 § Poster un commentaire

As a songwriter, I liked the rythm and the sound of Picasso, my master, and the mild hint of provocation in it.
Rodney Graham, interview with Nikola Dietrich, in Little Theater of Gestures, Kunstmuseum Basel, Museum für Gegenwartskunst, Hatje Kantz, 2010

«En tant que musicien, j’aimais le rythme et la sonorité de ‹Picasso, mon maître›, et aussi la légère touche de provocation de la phrase.»
Rodney Graham, entretien avec Nikola Dietrich, in Little Theater of Gestures, Kunstmuseum Basel, Museum für Gegenwartskunst, Hatje Kantz, 2010